a12n-entraide Mailing List Archive: [A12n-entraide] Esquisse de stratégie pour contenus en langues africaines[Date Prev][Date Next][Thread Prev][Thread Next] [Date Index] [Thread Index]
Suite à la lettre de Marcel (le 1er juin) dans laquelle il a mentionné le
besoin des contenus de qualité en langues africaines, et à ma réponse
(tardive) promettant d'écrire d'avantage sur ce sujet, voici quelques idées.
En bref, il nous faut élargir le champs de notre pensée en considérant
comment augmenter les contenus en langues africaines, et prendre en compte
des approches novatrices.
D'abord je proposerait que la création de contenu dans les formes
habituelles prend beaucoup de temps et ressources. On ne peut pas créer des
contenus très vite et on ne dispose pas de beaucoup des ressources humaines
ou monétaires. Donc la dynamique ici est lente: les proportions des langues
sur l'internet changent, mais graduellement. Certains gens s'attendent à ce
que ces proportions continuent à s'approcher à une approximation plus proche
aux pourcentages actuels des langues parlées dans le monde. Donc, pour le
moment il faudrait surtout éviter de "perdre" encore du terrain sur ce
front, et cela se fera en:
(a) Soutenant les efforts existantes.
(b) Améliorant la coordination et la collaboration entre les acteurs (a et b
demandent de la communication - une des reasons pour la formation de cette
liste, A12n-entraide)
(c) Adopter et adapter l'unicode.
(d) Cherchant à mettre des textes déjà publiés (p. ex. littérature en
langues africaines) sur la toile.
Le dernier point vaut être clarifié: depuis des années il y a eu des
"classiques" publiés en langues africaines (généralement avec texte
parallèle en langue européenne) pour des audiences limitées. Pourquoi pas
les mettre sur la toile - tous? Dans un coup on aura du contenu, d'une
qualité incontestée, sur la toile, et on mettra ces classiques à la portée
d'une nouvelle génération de lecteurs. Et on aura une puissante présence
africaine sur l'internet pour encourager les autres.
Toutefois, le vrai progrès serait achevé avec les approches un peu
novatrices tels que : traduction par ordinateur, et accent sur le contenu
comprenant des fichiers audio et/ou des images interactives.
La technologie de traduction par ordinateur, malgré qu'elle soit encore
brute, progresse rapidement. Elle représente en effet une belle tactique
pour augmenter exponentiellement le contenu utilisable par les parleurs des
langues peu représentées sur le web - par exemple des journaux et oeuvres de
référence générale. Cette technologie devrait figurer dans n'importe quelle
stratégie pour augmenter la quantité de matériaux disponible sur WWW en
langues africaines. Il s'agit de la création des logiciels pour traduction
des langues principales (l'Anglais, le Français, etc.) aux autres langues,
aussi bien que des logiciels pour traduction parmi les dialectes des langues
africaines. De toute façon, le fait de pouvoir lire n'importe quelle texte
sur l'internet dans la langue maternelle (même si la traduction n'est pas
parfaite) aura d'immenses implications socio-linguistiques qu'on ne peut pas
apprécier maintenant (franchement, ça m'étonne qu'on n'en parle pas
d'avantage).
Au-delà du matériel imprimé - le contenu en texte - on trouve que les
améliorations dans la technologie des fichiers audio peuvent bientôt
permettre à une vaste quantité de contenu parlé d'être rapidement ajoutée à
ou communiqué sur l'internet. Les fichiers audio ne vont jamais remplacer
les textes sur l'internet, mais à mon avis, ils offrent des possibilités
pour créer des nouvelles formes de contenu avec des combinaisons diverses
avec texte, image et audio (basé, si on le veut, principalement sur
l'audio). Les NTIC permettraient-elles un développement à la fois
"néo-oral" et écrit?
En plus, il faut imaginer comment mieux employer les images pour communiquer
avec les audiences diverses. Cela se fera probablement avec audio et
supporté par texte. Il y a quelques ans quelqu'un au Maurice a fait des
expériences avec images et fichiers audio en langues locales pour
communiquer avec des encadreurs et des paysans en milieu rural sur les
maladies des cultures - même un illettré pouvait naviguer la présentation en
écoutant l'audio et cliquant sur les images appropriées. De telles
présentations peuvent être multipliées en formulaire ("template" en anglais)
pour adaptation aux situations et langues locales. Déjà une organisation
(CAB, si je me rappele correctement) a récemment produit un CD-ROM de ce
genre avec des informations sur l'agriculture. Ce ne sont que des premiers
pas - c'est possible d'utiliser cette approche pour multiplier les contenus
pour audiences diverses en Afrique.
Un dernier point. À mon avis, il ne faut pas que les webmestres s'entravent
en pensant qu'on soit obligé à faire tout un site dans une langue ou une
autre, ou qu'on doit dupliquer tout dans une autre langue ou ne rien faire.
En ville, au village, au marche, ou au bureau on écoute plusieurs langues -
mais on ne repete pas toute parole dans chacune de ces langues (sauf dans
les situations infréquentes où une traduction est exigée). Dans le cas de
contenu, c'est un peu différent, mais pas trop - pourquoi pas inclure un peu
de contenu en langues diverses au même site, voire la même page?
Voici donc quelques lignes possibles d'une stratégie pour augmenter le
contenu en langues africaines.
Don Osborn
Bisharat.net
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Last Updated: Wed Mar 14 23:48:11 2007 |
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