a12n-entraide Mailing List Archive: [A12n-entraide] "Contenu loca l et société de l?informat ion en Afrique" (interview)[Date Prev][Date Next][Thread Prev][Thread Next] [Date Index] [Thread Index]
PVI ? Une interview parue dans iConnect Africa (juillet 2003) http://www.uneca.org/aisi/IConnectAfrica/issue5FR.pdf (merci à John Daly pour nous la signaler sur Afrik-IT)... "Contenu local et société de l'information en Afrique" - Interview avec Francis Egbokhare, de l'Initiative pour la technologie dans les langues africaines (ALTI) du Nigéria. L'ALTI a remporté la seconde place de l'édition 2003 du prix de l'AISI IICD pour les applications du contenu local. Ce prix est une reconnaissance des aspects novateurs de l'application des TIC dans un contexte local. IConnect Africa s'est entretenu avec Francis Egbokhare sur les activités de l'ALTI en général, et sur le sens de ce prix en particulier. - iConnect Africa: Que signifie pour vous, personnellement et sur le plan professionnel, le fait de remporter le prix de l'IICD pour le contenu local? FE: Personnellement, c'est une grande reconnaissance, et j'en suis ravi. C'est un atout important et une occasion de participer à l ?effort de développement des langues africaines et de promouvoir une attitude positive à l'égard de la technologie et des TIC.Sur le plan professionnel, c'est une confirmation de la nécessité de développer une nouvelle réflexion vers une connexion multidisciplinaire, un engagement dans les TIC, l'adoption et l'adaptation de la technologie. Le prix constitue un encouragement pour la poursuite des efforts dans cette direction pour le bénéfice des langues, des cultures et des populations africaines. Et pour l'Initiative pour la technologie dans les langues africaines et le département de linguistique et des langues africaines de l'Université d'Ibadan, c'est un grand début et une bonne recommandation. IConnect Africa: Quel est votre avis sur la question de la préservation des langues africaines dans le cadre de la société de l'information? [pour voir l?image du clavier yoruba, voir http://www.uneca.org/aisi/IConnectAfrica/issue5FR.pdf] - Selon le clavier yoruba, aucun caractère ne nécessitera qu'on tape plus d'une fois sur le clavier - FE: On compte plus de 2000 langues en Afrique. Cela fait le tiers des langues à travers le monde. Dans environ cent ans, plus de 90% de ces langues vont disparaître, et avec elles les cultures, les sagesses populaires, les pratiques médicinales, la faune, l'art du verbe etc., qu'elles véhiculent. La langue constitue une immense ressource, c'est une encyclopédie, une bibliothèque si l'on peut dire. La langue est notre fenêtre vers le monde extérieur, c'est elle qui assure tous les liens. La disparition d'une langue, quelle que soit son importance, constitue une perte considérable pour l'humanité. Nous devons impérativement prendre au sérieux la sauvegarde et la transmission des langues. Les TIC nous donnent la chance de résoudre les problèmes liés à la compromission et à la disparition des langues de façon pragmatique et coût- efficace. La technologie nous offre la chance de passer d ?un isolement sur le plan de la communication à une «Pentecôte linguistique». Les TIC constituent un pont entre les langues, la passerelle entre les cultures et le réseau des esprits. Nous devons donc nous y engager, les adapter et les déployer. iConnect Africa: Pouvez-vous nous parler de l'importance du clavier en yoruba ? En quoi peut-il favoriser l'utilisation des TIC au Nigéria? FE: Il est doublement important. D'abord il permet l'adoption de la technologie dans la langue maternelle. Son plus grand impact est que la technologie ne sera plus perçue comme appartenant seulement aux cultures et aux peuples étrangers. Dans ce sens, il permettra d'influencer le processus de réflexion et l'attitude par rapport à la technologie. Ensuite, il aura un impact sur le sens de la fierté et des valeurs des langues et cultures locales et permettra ainsi de les sauvegarder. Les TIC deviennent quelque chose que l'on peut posséder et s'approprier. En troisième lieu, il faut noter qu'il permettra aux Nigérians, notamment à plus de 40 millions de Yoruba, de s'investir dans les Infrastructures globales de l'information. Cette innovation offre des possibilités de redéfinir l'instruction d'autant qu'on peut n'être instruit qu'en yoruba et pourtant avoir la possibilité d'accéder aux Infrastructures globales de l'information (GII). iConnect Africa: En quoi va-t-il contribuer à régler le problème de l'exclusion sociale? FE: Il comble le fossé entre les instruits en Anglais et ceux qui le sont en langues locales. La langue est un outil fondamental d'inclusion et d'exclusion pas nécessairement du fait de ses capacités inhérentes, mais du fait de la dynamique de l'histoire, de l'économie, et de la politique. Les inconvénients et les avantages d'une langue peuvent être amplifiés selon son utilisation en tant que médium des TIC. C'est dans cette perspective qu'on peut envisager une égalité des chances d'abord dans le domaine linguistique. Si nous nous lançons dans les TIC comme nous l'avons fait, peut-être que les droits linguistiques pourraient prévaloir dans un proche avenir.[Date Prev][Date Next][Thread Prev][Thread Next] [Date Index] [Thread Index] Last Updated: Wed Mar 14 23:48:11 2007 |
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