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a12n-entraide Mailing List Archive: [A12n-entraide] "Contenu loca l et société de l?informat ion en Afrique" (interview)

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  • Subject: [A12n-entraide] "Contenu loca l et société de l?informat ion en Afrique" (interview)
  • From: dzo@xxxxxxxxxxxx
  • Date: Sat, 6 Sep 2003 11:34:08 -0500
PVI ? Une interview parue dans iConnect Africa (juillet 2003) 
http://www.uneca.org/aisi/IConnectAfrica/issue5FR.pdf (merci à John Daly pour 
nous la signaler sur Afrik-IT)...

"Contenu local et société de l'information en Afrique"

- Interview avec Francis Egbokhare, de l'Initiative pour la technologie dans 
les langues africaines (ALTI) du Nigéria. L'ALTI a remporté la seconde place de 
l'édition 2003 du prix de l'AISI IICD pour les applications du contenu local. 
Ce prix est une reconnaissance des aspects novateurs de l'application des TIC 
dans un contexte local. IConnect Africa s'est entretenu avec Francis Egbokhare 
sur les activités de l'ALTI en général, et sur le sens de ce prix en 
particulier. -

iConnect Africa: Que signifie pour vous, personnellement et sur le plan 
professionnel, le fait de remporter le prix de l'IICD pour le contenu local?

FE: Personnellement, c'est une grande reconnaissance, et j'en suis ravi. C'est 
un atout important et une occasion de participer à l ?effort de développement 
des langues africaines et de promouvoir une attitude positive à l'égard de la 
technologie et des TIC.Sur le plan professionnel, c'est une confirmation de la 
nécessité de développer une nouvelle réflexion vers une connexion 
multidisciplinaire, un engagement dans les TIC, l'adoption et l'adaptation de 
la technologie. Le prix constitue un encouragement pour la poursuite des 
efforts dans cette direction pour le bénéfice des langues, des cultures et des 
populations africaines. Et pour l'Initiative pour la technologie dans les 
langues africaines et le département de linguistique et des langues africaines 
de l'Université d'Ibadan, c'est un grand début et une bonne recommandation.

IConnect Africa: Quel est votre avis sur la question de la préservation des 
langues africaines dans le cadre de la société de l'information?

[pour voir l?image du clavier yoruba, voir 
http://www.uneca.org/aisi/IConnectAfrica/issue5FR.pdf]
- Selon le clavier yoruba, aucun caractère ne nécessitera qu'on tape plus d'une 
fois sur le clavier -

FE: On compte plus de 2000 langues en Afrique. Cela fait le tiers des langues à 
travers le monde. Dans environ cent ans, plus de 90% de ces langues vont 
disparaître, et avec elles les cultures, les sagesses populaires, les pratiques 
médicinales, la faune, l'art du verbe etc., qu'elles véhiculent. La langue 
constitue une immense ressource, c'est une encyclopédie, une bibliothèque si 
l'on peut dire. La langue est notre fenêtre vers le monde extérieur, c'est elle 
qui assure tous les liens. La disparition d'une langue, quelle que soit son 
importance, constitue une perte considérable pour l'humanité. Nous devons 
impérativement prendre au sérieux la sauvegarde et la transmission des langues. 
Les TIC nous donnent la chance de résoudre les problèmes liés à la 
compromission et à la disparition des langues de façon pragmatique et coût-
efficace. La technologie nous offre la chance de passer d ?un isolement sur le 
plan de la communication à une «Pentecôte linguistique». Les TIC constituent un 
pont entre les langues, la passerelle entre les cultures et le réseau des 
esprits. Nous devons donc nous y engager, les adapter et les déployer. 

iConnect Africa: Pouvez-vous nous parler de l'importance du clavier en yoruba ? 
En quoi peut-il favoriser l'utilisation des TIC au Nigéria? 

FE: Il est doublement important. D'abord il permet l'adoption de la technologie 
dans la langue maternelle. Son plus grand impact est que la technologie ne sera 
plus perçue comme appartenant seulement aux cultures et aux peuples étrangers. 
Dans ce sens, il permettra d'influencer le processus de réflexion et l'attitude 
par rapport à la technologie. Ensuite, il aura un impact sur le sens de la 
fierté et des valeurs des langues et cultures locales et permettra ainsi de les 
sauvegarder. Les TIC deviennent quelque chose que l'on peut posséder et 
s'approprier. En troisième lieu, il faut noter qu'il permettra aux Nigérians, 
notamment à plus de 40 millions de Yoruba, de s'investir dans les 
Infrastructures globales de l'information.  Cette innovation offre des 
possibilités de redéfinir l'instruction d'autant qu'on peut n'être instruit 
qu'en yoruba et pourtant avoir la possibilité d'accéder aux Infrastructures 
globales de l'information (GII).

iConnect Africa: En quoi va-t-il contribuer à régler le problème de l'exclusion 
sociale?

FE:  Il comble le fossé entre les instruits en Anglais et ceux qui le sont en 
langues locales. La langue est un outil fondamental d'inclusion et d'exclusion 
pas nécessairement du fait de ses capacités inhérentes, mais du fait de la 
dynamique de l'histoire, de l'économie, et de la politique. Les inconvénients 
et les avantages d'une langue peuvent être amplifiés selon son utilisation en 
tant que médium des TIC. C'est dans cette perspective qu'on peut envisager une 
égalité des chances d'abord dans le domaine linguistique. Si nous nous lançons 
dans les TIC comme nous l'avons fait, peut-être que les droits linguistiques 
pourraient prévaloir dans un proche avenir.



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Last Updated: Wed Mar 14 23:48:11 2007

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